Normes canadiennes de rejet des eaux usées : ce que les installations industrielles doivent savoir
En 2023, une usine de transformation alimentaire en Ontario a reçu un avis de non-conformité après que son effluent a échoué au test de létalité aiguë — tuant 62 % des truites arc-en-ciel en 96 heures. La cause première était un taux d'ammoniaque non ionisée de 1,8 mg/L, dépassant la limite de 1,25 mg/L du Règlement sur les effluents des systèmes d'assainissement des eaux usées (WSER) du Canada. Ce cas n'est pas isolé : 33 % du volume d'effluent déclaré au Canada était insuffisamment traité en 2023, selon les données d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), les défaillances étant les plus fréquentes pour les matières en suspension totales (MES), la demande biochimique en oxygène (DBO) et la létalité aiguë.
Le WSER s'applique à tout système rejetant ≥100 m³/jour d'eaux usées, y compris les installations industrielles. La conformité exige le respect de trois niveaux de normes :
- Limites numériques : DBO ≤ 25 mg/L, MES ≤ 25 mg/L, ammoniaque non ionisée ≤ 1,25 mg/L et pH 6,0–9,5.
- Test de létalité aiguë : l'effluent à 100 % de concentration ne doit pas tuer plus de 50 % des truites arc-en-ciel en 96 heures.
- Surveillance/déclaration : mesures quotidiennes du débit, échantillonnage hebdomadaire DBO/MES et rapports annuels à ECCC.
Les installations industrielles font l'objet d'un contrôle plus strict que les systèmes municipaux. Si le WSER fixe des limites de base, les permis provinciaux ajoutent souvent des exigences sectorielles. Par exemple :
- Pâtes et papiers : la Environmental Protection and Enhancement Act de l'Alberta réglemente les halogénures organiques adsorbables (AOX) et la couleur.
- Finition des métaux : les autorisations de conformité environnementale de l'Ontario limitent le cadmium à 0,01 mg/L et le chrome à 0,1 mg/L.
- Transformation alimentaire : le Règlement sur les ouvrages municipaux d'assainissement des eaux usées du Québec plafonne les graisses, huiles et matières grasses (FOG) à 15 mg/L.
Le non-respect expose à des amendes pouvant atteindre 1 million $/jour en vertu de la Loi sur les pêches, à des arrêts d'exploitation et à des atteintes à la réputation. Des modernisations ciblées du traitement — comme les systèmes DAF (flottation à air dissous) pour l'élimination des MES ou la technologie MBR (bioréacteur à membrane) pour la conformité DBO — peuvent réduire de plus de 90 % le volume d'effluent insuffisamment traité.
Limites numériques pour le rejet des eaux usées industrielles au Canada (2025)
Les limites canadiennes de rejet des eaux usées figurent parmi les plus strictes d'Amérique du Nord. Le tableau suivant consolide les limites numériques du WSER, les compare aux normes municipales du Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME) et présente les plages typiques d'influent industriel — des données essentielles pour la planification de la conformité.
| Paramètre | Limite WSER (industrielle) | Norme municipale CCME | Plage typique d'influent industriel | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| DBO5 (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 25 | 200–2 000 | La transformation alimentaire, les pâtes et papiers et les brasseries dépassent souvent 1 000 mg/L. |
| MES (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 25 | 300–5 000 | Les effluents de la métallurgie et des mines peuvent dépasser 10 000 mg/L. |
| Ammoniaque non ionisée (mg/L) | ≤ 1,25 | ≤ 1,25 | 5–50 | Dépendant du pH : un pH plus élevé accroît la toxicité de l'ammoniaque non ionisée. |
| Chlore résiduel total (mg/L) | ≤ 0,02 | ≤ 0,02 | 0,1–5 | Les sous-produits de désinfection peuvent faire échouer les tests de létalité aiguë. |
| pH | 6,0–9,5 | 6,0–9,5 | 2–12 | La finition des métaux et la chimie présentent souvent des pH extrêmes. |
| Huiles et graisses (mg/L) | ≤ 15 | ≤ 15 | 50–1 000 | Les effluents de la transformation alimentaire et de la pétrochimie en sont les principales sources. |
| Cadmium (mg/L) | ≤ 0,01 | ≤ 0,01 | 0,05–5 | Les effluents du placage des métaux et de la fabrication de batteries dépassent souvent les limites. |
| Chrome (total, mg/L) | ≤ 0,1 | ≤ 0,1 | 0,5–20 | Le chrome hexavalent (Cr6+) est plus toxique et réglementé séparément dans certaines provinces. |
| Cuivre (mg/L) | ≤ 0,3 | ≤ 0,3 | 0,5–10 | La fabrication électronique et la finition des métaux en sont les sources clés. |
| Plomb (mg/L) | ≤ 0,01 | ≤ 0,01 | 0,05–2 | Les effluents du recyclage de batteries et de la fabrication de munitions dépassent souvent les limites. |
| Mercure (mg/L) | ≤ 0,001 | ≤ 0,001 | 0,0001–0,1 | Les usines de chlore-alcali et les cliniques dentaires en sont les principales sources. |
| Nickel (mg/L) | ≤ 0,5 | ≤ 0,5 | 1–20 | Les effluents du placage des métaux et de la production d'acier inoxydable dépassent souvent les limites. |
| Zinc (mg/L) | ≤ 0,5 | ≤ 0,5 | 1–50 | La galvanisation et la fabrication de caoutchouc en sont les sources clés. |
| DCO (mg/L) | s. o. (WSER) | ≤ 250 (certaines provinces) | 500–10 000 | Les autorisations de conformité environnementale de l'Ontario plafonnent la DCO à 250 mg/L pour certains secteurs. |
Points clés :
- La DCO n'est pas réglementée par le WSER, mais les provinces imposent souvent des limites (p. ex. 250 mg/L en Ontario). Les installations devraient surveiller la DCO comme indicateur de la DBO et de la charge organique.
- Les échecs au test de létalité aiguë sont les plus fréquents pour les effluents à forte teneur en ammoniaque, en chlore ou en organiques toxiques. Le bioessai de 96 heures sur truite arc-en-ciel est le test de référence — aucune limite numérique ne peut s'y substituer.
- Les métaux lourds exposent à des risques de non-conformité dans la métallurgie, l'électronique et la chimie. Même des traces (p. ex. 0,01 mg/L de cadmium) peuvent déclencher des infractions.
Normes municipales et industrielles des eaux usées : principales différences

Les installations industrielles présument souvent que les limites du WSER s'appliquent uniformément à tous les rejets, mais les permis provinciaux et les règlements sectoriels créent des distinctions importantes. Le tableau suivant met en évidence les écarts entre normes industrielles et exigences municipales.
| Paramètre | WSER (base municipale) | Normes industrielles (exemples provinciaux) | Secteurs concernés |
|---|---|---|---|
| DBO5 (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 10 (pâtes et papiers, Ontario) | Pâtes et papiers, transformation alimentaire |
| MES (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 15 (finition des métaux, Alberta) | Métallurgie, mines |
| Ammoniaque (mg/L) | ≤ 1,25 (non ionisée) | ≤ 5 (totale, transformation alimentaire, Québec) | Transformation alimentaire, engrais |
| Phosphore (mg/L) | s. o. | ≤ 1 (transformation laitière, Ontario) | Agriculture, agroalimentaire et boissons |
| AOX (mg/L) | s. o. | ≤ 0,8 (pâtes et papiers, Alberta) | Pâtes et papiers, chimie |
| Couleur (unités Pt-Co) | s. o. | ≤ 100 (pâtes et papiers, Colombie-Britannique) | Pâtes et papiers, textile |
| FOG (mg/L) | ≤ 15 | ≤ 10 (transformation alimentaire, Ontario) | Transformation alimentaire, restauration |
| PFAS (ng/L) | s. o. | ≤ 20 (Ontario, émergent) | Électronique, mousses anti-incendie |
| Létalité aiguë | ≤ 50 % de mortalité (96 h) | ≤ 10 % de mortalité (certaines provinces) | Chimie, pharmaceutique |
Distinctions essentielles pour les exploitants industriels :
- Les permis provinciaux primment le WSER pour les paramètres sectoriels. Par exemple, la Environmental Protection and Enhancement Act de l'Alberta oblige les usines de pâtes à surveiller les AOX, ce que le WSER ne fait pas.
- Les installations industrielles peuvent avoir besoin de plusieurs permis. Un transformateur alimentaire en Ontario pourrait devoir :
- respecter le WSER pour la DBO/MES ;
- obtenir une autorisation de conformité environnementale pour le phosphore et les FOG ;
- obtenir un certificat d'autorisation pour les émissions atmosphériques des digesteurs anaérobies.
- Rôle du CCME : le Conseil canadien des ministres de l'environnement harmonise les normes mais n'a pas de pouvoir d'exécution. Les provinces adoptent les lignes directrices du CCME de façon sélective — le Québec suit les normes municipales du CCME mais impose des limites industrielles plus strictes pour l'azote.
- Contaminants émergents : les PFAS, les microplastiques et les produits pharmaceutiques ne sont pas réglementés par le WSER mais sont surveillés dans certaines provinces (p. ex. la Loi sur la réduction des toxiques de l'Ontario).
Comment atteindre la conformité : comparaison des technologies de traitement
Le choix technologique dépend des écarts de conformité propres à chaque installation. Le tableau suivant compare les systèmes les plus efficaces pour les trois principales défaillances de conformité au Canada : MES, DBO et létalité aiguë. Les données proviennent des indicateurs de performance terrain de Zhongsheng Environmental (2025) et des rapports de conformité 2023 d'ECCC.
| Technologie | Paramètre cible | Rendement d'élimination | Coût d'investissement (CAD/m³/jour) | OPEX (CAD/m³) | Emprise (m²/100 m³/jour) | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|---|---|
| DAF (flottation à air dissous) | MES, FOG | 90–98 % | 500 $–1 200 $ | 0,10 $–0,30 $ | 10–20 | Transformation alimentaire, métallurgie, pâtes et papiers |
| MBR (bioréacteur à membrane) | DBO, DCO, azote | 95–99 % | 1 500 $–3 000 $ | 0,40 $–0,80 $ | 20–40 | Effluents organiques à forte charge (brasseries, laiteries) |
| Dosage chimique (p. ex. chlorure ferrique, PAC) | DCO, phosphore, métaux | 70–90 % | 200 $–800 $ | 0,20 $–0,50 $ | 5–10 | Pâtes et papiers, chimie |
| Désinfection au dioxyde de chlore (ClO₂) | Létalité aiguë, pathogènes | 99,9 % (abattement des pathogènes) | 300 $–1 000 $ | 0,15 $–0,40 $ | 5–15 | Installations en échec aux tests de létalité aiguë |
| Filtre-presse à plateaux et cadres | Déshydratation des boues | 95 % de capture des solides | 400 $–1 500 $ | 0,25 $–0,60 $ | 15–30 | Industries à forte production de boues (mines, transformation alimentaire) |
| Oxydation avancée (p. ex. UV/H₂O₂) | Organiques toxiques, DCO | 80–95 % | 2 000 $–5 000 $ | 0,80 $–2,00 $ | 30–50 | Pharmaceutique, pétrochimie |
Cadre de décision pour le choix technologique :
- Si les MES sont votre problème principal :
- Mesurez les MES de l'influent. Si < 500 mg/L, un système DAF (flottation à air dissous) est généralement suffisant.
- Si > 500 mg/L, combinez le DAF (flottation à air dissous) à une coagulation chimique (p. ex. chlorure ferrique) pour un abattement de plus de 95 %.
- Si la DBO/DCO est votre problème principal :
- Pour une DBO < 1 000 mg/L, un système MBR (bioréacteur à membrane) atteint plus de 95 % d'abattement.
- Pour une DBO > 1 000 mg/L, ajoutez une digestion anaérobie en amont pour réduire la charge organique de 70–80 %.
- Si les tests de létalité aiguë échouent :
- Analysez l'ammoniaque, le chlore et les organiques toxiques. Si l'ammoniaque est en cause, ajustez le pH à 7,0–7,5 pour faire basculer l'ammoniaque non ionisée vers la forme ionisée, moins toxique.
- Si le chlore est en cause, passez à la désinfection au ClO₂ ou au traitement UV.
- Si les organiques toxiques sont en cause, déployez une oxydation avancée (p. ex. UV/H₂O₂) ou du charbon actif.
Arbitrages coût/conformité :
- Coût d'investissement le plus bas : le dosage chimique (200 $–800 $/m³/jour) convient aux installations présentant des problèmes modérés de DCO ou de phosphore.
- OPEX le plus bas : les systèmes DAF (flottation à air dissous) (0,10 $–0,30 $/m³) sont les plus économiques pour l'élimination des MES.
- Rendement d'élimination le plus élevé : les systèmes MBR (bioréacteur à membrane) (95–99 % d'abattement de DBO) constituent la référence pour les effluents organiques à forte charge, mais exigent l'emprise et l'OPEX les plus élevés.
Défaillances de conformité fréquentes et comment y remédier

En 2023, 92 % de l'effluent insuffisamment traité au Canada échouait en raison de trois problèmes : MES élevées, DBO élevée ou létalité aiguë (ECCC). Voici les défaillances de conformité les plus fréquentes, leurs causes premières et des mesures concrètes — d'après les données de diagnostic de Zhongsheng Environmental sur plus de 50 installations industrielles.
1. Échec au test de létalité aiguë
Symptôme : l'effluent tue >50 % des truites arc-en-ciel en 96 heures.
Causes premières :
- Ammoniaque non ionisée élevée : un pH > 8,5 fait basculer l'ammoniaque vers la forme non ionisée toxique (NH₃).
- Chlore résiduel : les sous-produits de la désinfection au chlore (p. ex. chloramines) sont aiguëment toxiques.
- Organiques toxiques : phénols, pesticides ou produits pharmaceutiques dans l'effluent.
Mesures correctives :
- Ajustement du pH : abaisser le pH à 7,0–7,5 avec de l'acide sulfurique ou du CO₂ pour réduire l'ammoniaque non ionisée. Exemple : une usine d'engrais en Saskatchewan a réduit de 80 % la toxicité de l'ammoniaque par ajustement du pH.
- Déchloration : ajouter du bisulfite de sodium ou du thiosulfate de sodium pour neutraliser le chlore résiduel. Dosage : 1,5 mg/L de bisulfite de sodium par 1 mg/L de chlore.
- Oxydation avancée : UV/H₂O₂ ou ozone pour dégrader les organiques toxiques. Rendement d'élimination : 80–95 % pour les phénols et pesticides.
2. MES élevées (>25 mg/L)
Symptôme : turbidité de l'effluent > 20 NTU, MES > 25 mg/L.
Causes premières :
- Prétraitement insuffisant : clarificateurs ou grilles sous-dimensionnés ou colmatés.
- Foisonnement des boues : bactéries filamenteuses dans les systèmes à boues activées.
- FOG élevées : graisses, huiles et matières grasses qui saturent les systèmes de traitement.
Mesures correctives :
- Modernisation DAF : installer un système DAF (flottation à air dissous) pour 90–98 % d'élimination des MES. Exemple : une usine de transformation de viande en Alberta a réduit les MES de 500 mg/L à 15 mg/L avec un DAF.
- Coagulation chimique : ajouter du chlorure ferrique ou du PAC pour améliorer la formation de flocs. Dosage : 50–200 mg/L de chlorure ferrique pour des MES > 300 mg/L.
- Clarificateur lamellaire : équiper les clarificateurs de plaques inclinées pour accroître l'efficacité de décantation. Réduction d'emprise : 50–70 % par rapport aux clarificateurs conventionnels.
3. DBO/DCO élevées (>25 mg/L de DBO, >250 mg/L de DCO)
Symptôme : DBO de l'effluent > 25 mg/L ou DCO > 250 mg/L (limites provinciales).
Causes premières :
- Surcharge organique : une DBO d'influent > 1 000 mg/L sature le traitement biologique.
- Aération insuffisante : oxygène dissous < 2 mg/L dans les bassins d'aération.
- Chocs toxiques : métaux lourds ou désinfectants qui inhibent l'activité microbienne.
Mesures correctives :
- Modernisation MBR : installer un système MBR (bioréacteur à membrane) pour 95–99 % d'élimination de la DBO. Exemple : une laiterie au Québec a réduit la DBO de 1 200 mg/L à 10 mg/L avec un MBR.
- Digestion anaérobie : ajouter en amont un réacteur anaérobie à lit de boues à flux ascendant (UASB) pour réduire la charge organique de 70–80 %. Récupération de biogaz : 0,3–0,5 m³/kg de DCO éliminée.
- Aération renforcée : porter l'oxygène dissous à 3–4 mg/L avec des diffuseurs à bulles fines. Économies d'énergie : 30–50 % par rapport à l'aération à grosses bulles.
4. Dépassements en métaux lourds (p. ex. cadmium > 0,01 mg/L)
Symptôme : les concentrations métalliques de l'effluent dépassent les limites WSER ou provinciales.
Causes premières :
- Procédés industriels : placage des métaux, fabrication de batteries ou mines.
- Corrosion des canalisations : lixiviation de plomb ou de cuivre depuis des infrastructures anciennes.
- pH extrêmes : un pH bas accroît la solubilité des métaux.
Mesures correctives :
- Précipitation chimique : ajuster le pH à 9,0–10,0 pour précipiter les métaux sous forme d'hydroxydes. Exemple : une usine de finition des métaux en Ontario a réduit le nickel de 10 mg/L à 0,1 mg/L par ajout de chaux.
- Échange d'ions : utiliser des colonnes de résine pour capter les métaux. Rendement d'élimination : 99 % pour le cadmium et le plomb.
- Électrocoagulation : appliquer un courant électrique pour destabiliser et éliminer les métaux. Consommation d'énergie : 0,5–1,0 kWh/m³.
Liste de contrôle de conformité pour les installations industrielles
Utilisez cette liste pour auditer le statut de conformité de votre installation et identifier les écarts. Les items marqués ⚠️ étaient les points de défaillance les plus fréquents dans les rapports ECCC 2023.
Conformité réglementaire
- [ ] Confirmer l'applicabilité du WSER : votre installation rejette-t-elle ≥100 m³/jour ?
- [ ] Examiner les permis provinciaux (p. ex. autorisation de conformité environnementale de l'Ontario, Approval under EPEA de l'Alberta).
- [ ] Vérifier les limites sectorielles (p. ex. AOX pâtes et papiers, FOG transformation alimentaire).
- [ ] Vérifier les échéances de déclaration : les rapports annuels à ECCC sont dus au 31 mars pour l'année civile précédente.
Surveillance et analyses
- [ ] ⚠️ Mesurer le volume de débit quotidien (exigé pour la conformité WSER).
- [ ] ⚠️ Analyser la DBO et les MES chaque semaine (échantillons instantanés ou composites de 24 heures).
- [ ] Réaliser des tests de létalité aiguë chaque trimestre (ou selon le permis).
- [ ] Recourir à un laboratoire accrédité pour toutes les analyses de conformité (p. ex. certifié ISO 17025).
- [ ] Conserver les dossiers pendant 5 ans (exigence WSER).
Audit du système de traitement
- [ ] ⚠️ Analyser les MES de l'effluent : sont-elles ≤ 25 mg/L ? Sinon, envisager un DAF (flottation à air dissous) ou des clarificateurs lamellaires.
- [ ] ⚠️ Analyser la DBO de l'effluent : est-elle ≤ 25 mg/L ? Sinon, évaluer un MBR (bioréacteur à membrane) ou une digestion anaérobie.
- [ ] Tester la létalité aiguë : l'effluent tue-t-il ≤ 50 % des truites arc-en-ciel ? Sinon, rechercher l'ammoniaque, le chlore ou les organiques toxiques.
- [ ] Auditer la gestion des boues : la capacité de déshydratation est-elle suffisante ? Envisager un filtre-presse ou une centrifugeuse.
- [ ] Examiner la désinfection : le chlore résiduel est-il ≤ 0,02 mg/L ? Sinon, passer au ClO₂ ou à l'UV.
Déclaration et notifications
- [ ] Soumettre les rapports annuels à ECCC via le système de déclaration du Règlement sur les effluents des systèmes d'assainissement des eaux usées.
- [ ] Notifier ECCC dans les 24 heures de tout dépassement (exigence WSER).
- [ ] Documenter les mesures correctives prises pour tous les dépassements.
Questions fréquentes

Quelle est la norme de rejet de DCO au Canada ?
La DCO n'est pas réglementée par le WSER, mais les provinces imposent des limites. Par exemple :
- Ontario : ≤ 250 mg/L pour certains secteurs industriels (p. ex. transformation alimentaire).
- Alberta : ≤ 500 mg/L pour les usines de pâtes et papiers.
- Québec : ≤ 300 mg/L pour les rejets municipaux.
Surveillez la DCO comme indicateur de la DBO et de la charge organique. Les technologies avancées de réduction de la DCO comprennent le MBR (bioréacteur à membrane), la digestion anaérobie et l'oxydation avancée.
Comment calculer le volume de rejet d'eaux usées de votre installation ?
Le WSER exige que les installations mesurent le volume de débit quotidien si elles rejettent ≥100 m³/jour. Utilisez l'une de ces méthodes :
- Débitmètres : installer des débitmètres à ultrasons ou magnétiques sur les canalisations de rejet. Précision : ±2 %.
- Temps de fonctionnement des pompes : multiplier la capacité de la pompe (m³/heure) par le temps de fonctionnement (heures/jour). Précision : ±10 %.
- Bilan hydrique : soustraire l'eau utilisée dans les procédés (p. ex. tours de refroidissement, incorporation au produit) de la prise d'eau totale. Précision : ±15 %.
Exemple : une installation équipée d'une pompe de 50 m³/heure fonctionnant 10 heures/jour rejette 500 m³/jour, ce qui déclenche les exigences de conformité WSER.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de la réglementation canadienne sur les eaux usées ?
Les sanctions prévues par la Loi sur les pêches comprennent :
- Amendes : jusqu'à 1 million $/jour pour les sociétés et 300 000 $/jour pour les personnes physiques.
- Emprisonnement : jusqu'à 3 ans pour les infractions volontaires.
- Arrêts d'exploitation : ECCC peut ordonner la cessation immédiate des rejets.
- Responsabilité des administrateurs : les administrateurs de sociétés peuvent être tenus personnellement responsables des infractions.
Une usine de pâtes en Colombie-Britannique a été condamnée à une amende de 1,2 million $ en 2022 pour des échecs répétés aux tests de létalité aiguë.
Comment les normes canadiennes de rejet des eaux usées se comparent-elles à celles du Royaume-Uni ?
Les limites du WSER canadien sont plus strictes que le Environmental Permitting Regulations du Royaume-Uni pour certains paramètres, mais moins exigeantes pour d'autres. Principales différences :
| Paramètre | Canada (WSER) | Royaume-Uni (industriel) |
|---|---|---|
| DBO5 (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 20 (certains secteurs) |
| MES (mg/L) | ≤ 25 | ≤ 30 |
| Ammoniaque (mg/L) | ≤ 1,25 (non ionisée) | ≤ 5 (totale) |
| DCO (mg/L) | s. o. (limites provinciales) | ≤ 125 (certains secteurs) |
| Létalité aiguë | ≤ 50 % de mortalité (96 h) | Pas d'équivalent direct (tests d'écotoxicité utilisés) |
Pour une comparaison détaillée, voir Limites des effluents industriels au Royaume-Uni 2025 : paramètres de conformité, coûts et technologies de traitement.
Qu'est-ce que le test de létalité aiguë et comment le réussir ?
Le test de létalité aiguë est un bioessai de 96 heures sur truite arc-en-ciel visant à évaluer la toxicité de l'effluent. Pour réussir :
- L'effluent ne doit pas tuer plus de 50 % des truites à 100 % de concentration.
- Fréquence des tests : trimestrielle (ou selon le permis).
- Causes d'échec fréquentes : ammoniaque élevée, chlore résiduel ou organiques toxiques.
Étapes pour réussir :
- Analyser l'effluent pour l'ammoniaque, le chlore et le pH avant de le soumettre au bioessai.
- Si l'ammoniaque est élevée, ajuster le pH à 7,0–7,5 pour réduire l'ammoniaque non ionisée.
- Si le chlore est élevé, passer à la désinfection au ClO₂ ou à l'UV.
- Si des organiques toxiques sont présents, utiliser l'oxydation avancée ou le charbon actif.
Une usine chimique en Alberta a réduit de 90 % les échecs au test de létalité aiguë en remplaçant la désinfection au chlore par le ClO₂.