Pourquoi le choix de la désinfection influe sur la conformité et les coûts industriels
La désinfection des eaux usées industrielles répond à deux exigences non négociables : la conformité réglementaire et la maîtrise des coûts. L'EPA 40 CFR Part 503 fixe des limites de coliformes fécaux inférieures à 126 UFC/100 mL pour les biosolides de classe A, tandis que la directive européenne 91/271/CEE sur les eaux urbaines résiduaires impose un rejet traité contenant moins de 1 000 UFC/100 mL d'E. coli. Le choix dépend de la variabilité de l'affluent (l'UV exige une turbidité inférieure à 5 NTU et des MES inférieures à 10 mg/L ; le dioxyde de chlore tolère des MES jusqu'à 100 mg/L), des besoins en résiduel (le ClO₂ maintient 0,5 à 1,0 mg/L pendant 24 à 48 heures selon l'EPA 815-R-06-011 ; l'UV ne laisse aucun résiduel), et des arbitrages CAPEX/OPEX (CAPEX UV de 50 000 à 200 000 $ pour 100 m³/h avec un OPEX de 0,02 à 0,05 $/m³ ; CAPEX ClO₂ de 30 000 à 150 000 $ avec un OPEX de 0,08 à 0,15 $/m³, selon les données terrain HydropureWater, 2025).
Un dossier agro-alimentaire du Midwest datant de mars 2024 illustre les enjeux : un système UV est tombé en panne à 12 NTU de turbidité (bien au-dessus du seuil de 5 NTU), entraînant une amende EPA de 250 000 $, tandis qu'une usine chimique voisine fonctionnant au ClO₂ est restée conforme sur le même affluent. Les coûts cachés mordent aussi : l'entartrage des lampes UV, l'entartrage des générateurs ClO₂ ou les dosages chimiques d'urgence peuvent faire grimper l'OPEX de 40 à 60 % en une seule année (Water Environment Research, 2023).
- Variabilité de l'affluent : les systèmes UV exigent une turbidité inférieure à 5 NTU et des MES inférieures à 10 mg/L ; le ClO₂ tolère des MES jusqu'à 100 mg/L mais demande un pH compris entre 5 et 9 pour une efficacité optimale.
- Protection par résiduel : le ClO₂ maintient un résiduel de 0,5 à 1,0 mg/L pendant 24 à 48 heures (EPA 815-R-06-011), tandis que l'UV n'apporte aucun résiduel, ce qui expose à une recontamination dans les réseaux de distribution.
- Formation de sous-produits : le ClO₂ génère du chlorite (réglementé à moins de 1,0 mg/L aux États-Unis), alors que l'UV ne produit pas de sous-produits chimiques mais peut former des nitrosamines dans des conditions de NOx élevées.
- Arbitrages CAPEX/OPEX : les systèmes UV coûtent de 50 000 à 200 000 $ pour 100 m³/h de capacité, avec un coût d'exploitation de 0,02 à 0,05 $/m³. Les générateurs ClO₂ vont de 30 000 à 150 000 $ avec un OPEX de 0,08 à 0,15 $/m³ (données terrain HydropureWater, 2025).
Une usine pharmaceutique en Allemagne est passée de l'UV au ClO₂ après avoir constaté que les 3 à 4 log d'abattement de l'UV restaient en deçà de l'objectif de 5 log et plus requis contre le norovirus par les lignes directrices OMS. Une installation de semi-conducteurs à Taïwan a fait le choix inverse, réduisant son OPEX de 35 % en remplaçant le ClO₂ par l'UV et en supprimant la surveillance des chlorites.
Fonctionnement de la désinfection au dioxyde de chlore : paramètres de procédé et applications industrielles
Le dioxyde de chlore (ClO₂) perturbe les membranes cellulaires microbiennes et la synthèse des protéines dès 0,1 à 0,5 mg/L. Contrairement au chlore, le ClO₂ ne s'hydrolyse pas dans l'eau : il conserve son efficacité sur une plage de pH 5 à 9 et résiste à l'extinction par l'ammoniac ou les matières organiques. Les installations industrielles produisent le ClO₂ sur site selon deux méthodes principales :
- Génération chimique : le chlorite de sodium (NaClO₂) réagit avec le chlore gazeux (Cl₂) ou l'acide chlorhydrique (HCl) pour produire du ClO₂ à 95 à 99 % de pureté. Cette méthode est rentable pour les applications à haut débit (supérieur à 500 g/h) mais exige un dosage précis afin d'éviter les sous-produits chlorites.
- Génération électrolytique : l'électrolyse directe du chlorate de sodium (NaClO₃) donne du ClO₂ à plus de 99 % de pureté, sans manipulation de chlore gazeux. Convient aux petites installations (inférieures à 200 g/h) ou aux sites appliquant des protocoles de sécurité stricts.
Les abattements logarithmiques du ClO₂ figurent parmi les plus élevés des désinfectants chimiques :
- Bactéries (E. coli, coliformes fécaux) : 4 à 6 log d'abattement à 1,0 mg/L de ClO₂ avec un temps de contact de 15 à 30 minutes (OMS, 2023).
- Virus (norovirus, adénovirus) : 3 à 5 log d'abattement à 2,0 mg/L de ClO₂ avec un temps de contact de 30 minutes.
- Protozoaires (Cryptosporidium, Giardia) : 2 à 3 log d'abattement à 3,0 mg/L de ClO₂ avec un temps de contact de 60 minutes.
Les performances du ClO₂ restent stables sur une plage de conditions d'affluent plus large que l'UV :
- pH : 5 à 9 (optimal 6 à 8).
- DCO : inférieure à 500 mg/L (une DCO plus élevée augmente la demande en ClO₂).
- MES : inférieures à 100 mg/L (au-delà de 100 mg/L, un prétraitement par flottation à air dissous (FAD/DAF) est recommandé).
- Fer/Manganèse : inférieurs à 0,5 mg/L (oxydation du ClO₂, baisse d'efficacité).
La protection par résiduel distingue le ClO₂ de l'UV. Un résiduel de 0,5 à 1,0 mg/L maintient la désinfection pendant 24 à 48 heures dans les réseaux de distribution, ce qui est décisif pour les tours de refroidissement, les réutilisations ou les temps de séjour longs (EPA 815-R-06-011). En revanche, les sous-produits chlorite (ClO₂⁻) et chlorate (ClO₃⁻) sont réglementés à moins de 1,0 mg/L aux États-Unis et à moins de 0,7 mg/L dans l'UE, ce qui impose une surveillance et un éventuel quenching au bisulfite de sodium.
| Paramètre | Spécification ClO₂ | Considérations industrielles |
|---|---|---|
| Abattement logarithmique (bactéries) | 4 à 6 log à 1,0 mg/L | Temps de contact : 15 à 30 minutes. Des doses plus élevées sont nécessaires pour les bactéries sporulées (par ex. Bacillus). |
| Plage de pH d'affluent | 5 à 9 | Un pH inférieur à 5 augmente la formation de chlorite ; un pH supérieur à 9 réduit l'efficacité. |
| Tolérance à la DCO | Inférieure à 500 mg/L | Une DCO supérieure à 500 mg/L accroît la demande en ClO₂ de 20 à 40 %. |
| Protection par résiduel | 0,5 à 1,0 mg/L pendant 24 à 48 heures | Indispensable pour les réseaux de distribution et les applications de réutilisation. |
| Sous-produits | Chlorite (inférieur à 1,0 mg/L), chlorate | Surveillance requise ; un quenching au bisulfite de sodium peut être nécessaire. |
Le ClO₂ excelle dans les applications industrielles où la qualité de l'affluent est variable ou lorsqu'une protection par résiduel est requise :
- Agro-alimentaire : abattoirs (bovins, volailles…), laiteries avec charges élevées en DCO et MES. Les 4 à 6 log d'abattement du ClO₂ satisfont les normes USDA/FDA sur les agents pathogènes.
- Tours de refroidissement : contrôle de la légionellose et du biofilm dans les circuits recirculés. Le résiduel empêche la recroissance.
- Eaux usées hospitalières : inactivation des bactéries multirésistantes (par ex. MRSA) et des virus (par ex. SARS-CoV-2) avec plus de 5 log d'abattement.
- Pâte et papier : traitement d'effluents à DCO élevée (jusqu'à 1 000 mg/L) après prétraitement.
Pour les sites nécessitant du ClO₂, le générateur de dioxyde de chlore offre un contrôle de dosage automatisé, une pureté de 99 % et une modularité de 10 à 1 000 g/h.
Fonctionnement de la désinfection UV : mécanisme, limites et adéquation industrielle

La désinfection UV utilise un rayonnement ultraviolet à 254 nm pour endommager l'ADN/ARN des micro-organismes et empêcher leur réplication. Le procédé, sans réactif, se déroule en quelques millisecondes ; son efficacité dépend de la fluence (dose, en mJ/cm²) et de la transmittance (clarté de l'eau). Paramètres clés :
- Exigences de fluence : 40 à 120 mJ/cm² pour 3 à 4 log d'abattement des bactéries et virus (EPA UV Disinfection Guidance Manual, 2006). Les protozoaires (par ex. Cryptosporidium) exigent 10 à 20 mJ/cm² pour 1 log d'abattement.
- Types de lampes :
- Basse pression (LP) : monochromatique à 254 nm, rendement électrique/UV de 30 à 40 %. Durée de vie : 8 000 à 12 000 heures. Coût de remplacement : 150 à 300 $/lampe.
- Moyenne pression (MP) : polychromatique (200 à 300 nm), rendement de 10 à 15 %. Durée de vie : 5 000 à 8 000 heures. Coût de remplacement : 300 à 600 $/lampe. Les lampes MP conviennent aux installations à fort débit mais consomment 3 à 5 fois plus d'énergie.
Les contraintes de qualité de l'affluent conditionnent les performances du système UV. Le manuel EPA UV Disinfection Guidance Manual (2006) fixe les seuils suivants :
- Turbidité : inférieure à 5 NTU (optimale inférieure à 2 NTU). Une turbidité supérieure à 5 NTU diffuse le rayonnement UV et réduit la fluence de 50 à 70 %.
- MES : inférieures à 10 mg/L. Les particules protègent les micro-organismes du rayonnement UV.
- Fer : inférieur à 0,3 mg/L. Le fer absorbe le rayonnement UV et réduit la transmittance.
- Couleur : inférieure à 15 unités Pt-Co. Les composés organiques colorés absorbent l'UV.
Les abattements logarithmiques de l'UV sont inférieurs à ceux du ClO₂ pour les bactéries et les virus, et négligeables pour les protozoaires :
- Bactéries (E. coli, coliformes fécaux) : 3 à 4 log d'abattement à 40 mJ/cm².
- Virus (norovirus, adénovirus) : 2 à 4 log d'abattement à 120 mJ/cm² (l'adénovirus exige une fluence plus élevée).
- Protozoaires (Cryptosporidium, Giardia) : moins de 1 log d'abattement à la fluence standard.
L'UV présente des avantages : absence de sous-produits chimiques, pas de goût ni d'odeur, désinfection instantanée. Les applications industrielles se heurtent toutefois à des difficultés spécifiques :
- Encrassement des lampes : les dépôts de calcium, magnésium ou fer réduisent la transmittance UV de 10 à 30 % par semaine. Nettoyage automatique (essuyeurs mécaniques ou lavage acide) ou manuel tous les 7 à 14 jours.
- Consommation énergétique : 0,1 à 0,3 kWh/m³ pour les systèmes LP ; 0,5 à 1,0 kWh/m³ pour les systèmes MP.
- Pas de protection par résiduel : risque de recontamination dans les réseaux de distribution ou les réservoirs de stockage.
- Prétraitements requis : les effluents à MES élevées nécessitent une flottation à air dissous (FAD/DAF) ou une filtration pour descendre sous 10 mg/L de MES.
| Paramètre | Spécification UV | Considérations industrielles |
|---|---|---|
| Abattement logarithmique (bactéries) | 3 à 4 log à 40 mJ/cm² | Temps de contact : inférieur à 1 seconde. Une fluence plus élevée est nécessaire pour les agents pathogènes UV-résistants (par ex. adénovirus). |
| Turbidité d'affluent | Inférieure à 5 NTU | Une turbidité supérieure à 5 NTU réduit la fluence de 50 à 70 %. |
| Limite en MES | Inférieures à 10 mg/L | Les particules protègent les micro-organismes ; prétraitement requis pour des MES supérieures à 10 mg/L. |
| Durée de vie des lampes | LP : 8 000 à 12 000 heures ; MP : 5 000 à 8 000 heures | Coût de remplacement : 150 à 600 $/lampe. Les lampes MP se dégradent plus vite. |
| Consommation énergétique | LP : 0,1 à 0,3 kWh/m³ ; MP : 0,5 à 1,0 kWh/m³ | Les systèmes MP consomment 3 à 5 fois plus d'énergie que les LP. |
L'UV est privilégié dans les applications industrielles où la qualité de l'affluent est maîtrisée et où une désinfection sans réactif est indispensable :
- Pharmaceutique : eaux de haute pureté pour la fabrication de médicaments. L'UV évite toute contamination chimique.
- Électronique : eau ultra-pure pour la fabrication de semi-conducteurs. L'absence de sous-produits évite les défauts de wafer.
- Industrie des boissons : eau embouteillée et boissons sans alcool. L'UV élimine les problèmes de goût et d'odeur.
- Réutilisation : réutilisation indirecte pour potable où le résiduel est assuré par les étapes aval.
Pour les sites avec un affluent à MES élevées, les systèmes UV doivent être couplés à un prétraitement robuste. Apprenez à diagnostiquer et traiter une turbidité élevée dans l'effluent afin d'optimiser les performances UV.
Dioxyde de chlore vs désinfection UV : tableau comparatif direct
Ce tableau comparatif fournit des données quantitatives pour comparer le ClO₂ et l'UV sur 14 paramètres critiques. Les sources incluent les lignes directrices EPA, les rapports OMS 2023 et des études à comité de lecture (Water Research, 2024).
| Paramètre | Dioxyde de chlore (ClO₂) | Désinfection UV | Remarques |
|---|---|---|---|
| Abattement logarithmique (bactéries) | 4 à 6 log à 1,0 mg/L | 3 à 4 log à 40 mJ/cm² | Le ClO₂ surpasse l'UV pour l'inactivation bactérienne. |
| Abattement logarithmique (virus) | 3 à 5 log à 2,0 mg/L | 2 à 4 log à 120 mJ/cm² | Les virus UV-résistants (par ex. adénovirus) exigent une fluence plus élevée. |
| Abattement logarithmique (protozoaires) | 2 à 3 log à 3,0 mg/L | Moins de 1 log à la fluence standard | L'UV est inefficace sur les protozoaires sans fluence élevée. |
| Limite de turbidité d'affluent | Sans objet (efficace jusqu'à 100 mg/L de MES) | Inférieure à 5 NTU | L'UV exige une turbidité faible pour être efficace. |
| Limite de MES d'affluent | Inférieures à 100 mg/L | Inférieures à 10 mg/L | Le ClO₂ tolère des MES plus élevées ; l'UV exige un prétraitement. |
| Limite de DCO d'affluent | Inférieure à 500 mg/L | Sans objet (impact direct nul) | Une DCO élevée augmente la demande en ClO₂. |
| Temps de contact | 15 à 60 minutes | Inférieur à 1 seconde | L'UV assure une désinfection instantanée. |
| Protection par résiduel | 0,5 à 1,0 mg/L pendant 24 à 48 heures | Aucune | Le ClO₂ est idéal pour les réseaux de distribution. |
| Sous-produits | Chlorite (inférieur à 1,0 mg/L), chlorate | Aucun (nitrosamines possibles sous NOx élevés) | Les sous-produits du ClO₂ sont réglementés ; l'UV ne génère aucun sous-produit chimique. |
| CAPEX (système 100 m³/h) | 30 000 à 150 000 $ | 50 000 à 200 000 $ | L'UV a un coût initial plus élevé ; le ClO₂ exige un stockage de réactifs. |
| OPEX ($/m³) | 0,08 à 0,15 $ | 0,02 à 0,05 $ | L'UV a un OPEX plus faible ; les coûts ClO₂ incluent les réactifs et la surveillance. |
| Exigences de maintenance | Nettoyage du générateur (trimestriel), manipulation des réactifs, surveillance du résiduel | Nettoyage des lampes (hebdomadaire), remplacement annuel, étalonnage des capteurs | L'UV exige un entretien fréquent des lampes ; le ClO₂ exige des protocoles de sécurité chimique. |
| Consommation énergétique (kWh/m³) | 0,05 à 0,1 (pour la génération) | LP : 0,1 à 0,3 ; MP : 0,5 à 1,0 | Les systèmes UV MP consomment nettement plus d'énergie. |
| Emprise au sol | Moyenne (générateur + stockage) | Faible (réacteur + armoire de commande) | Les systèmes UV occupent moins d'espace. |
| Facilité de conformité (EPA/UE) | Moyenne (surveillance des sous-produits requise) | Élevée (pas de sous-produits, mais qualité d'affluent critique) | L'UV simplifie la conformité pour les limites de rejet strictes. |
Cadre de décision : quelle méthode de désinfection pour votre effluent industriel ?

Choisir entre ClO₂ et UV exige d'évaluer la qualité de l'affluent, les exigences de conformité et les contraintes opérationnelles. Ce cadre guide la sélection :
- Évaluer la qualité de l'affluent :
- Si les MES dépassent 10 mg/L ou la turbidité dépasse 5 NTU, l'UV n'est pas envisageable sans prétraitement (par ex. flottation à air dissous (FAD/DAF) ou filtration). Le ClO₂ devient le choix par défaut pour les effluents à MES élevées.
- Si la DCO dépasse 500 mg/L, la demande en ClO₂ augmente de 20 à 40 %, ce qui fait grimper l'OPEX. L'UV n'est pas affecté par la DCO.
- Déterminer les exigences de conformité :
- Si une protection par résiduel est requise (par ex. réseaux de distribution, réutilisations), le ClO₂ est obligatoire. L'UV n'apporte aucun résiduel.
- Si les limites de rejet en chlorite/chlorate sont strictes (inférieures à 1,0 mg/L), l'UV peut être préférable pour éviter la surveillance des sous-produits.
- Pour l'inactivation des protozoaires (par ex. Cryptosporidium), le ClO₂ est la seule option viable entre ces deux méthodes.
- Évaluer les arbitrages CAPEX/OPEX :
- En cas de budget initial contraint, le ClO₂ a un CAPEX plus faible mais un OPEX plus élevé. L'UV coûte plus cher à installer et moins cher à exploiter.
- Pour les installations à fort débit (supérieur à 200 m³/h), l'avantage OPEX de l'UV grandit, mais le CAPEX évolue linéairement avec le débit.
- Prendre en compte la maintenance et l'exploitation :
- Avec un effectif limité, le nettoyage hebdomadaire des lampes UV peut être lourd. Le ClO₂ demande une maintenance trimestrielle du générateur, mais une fréquence d'attention moindre.
- Si la manipulation de réactifs est restreinte (par ex. en pharmaceutique), l'UV est la seule option.
- Intégrer la consommation énergétique et la durabilité :
- Les UV LP consomment 0,1 à 0,3 kWh/m³ ; les UV MP, 0,5 à 1,0 kWh/m³. La génération de ClO₂ utilise 0,05 à 0,1 kWh/m³.
- Si l'empreinte carbone est prioritaire, la consommation énergétique de l'UV peut neutraliser son avantage sans réactif.
Utilisez ce logigramme pour restreindre les options :
- Étape 1 : les MES sont-elles inférieures à 10 mg/L et la turbidité inférieure à 5 NTU ?
- Oui → passer à l'étape 2.
- Non → prétraiter par FAD/filtration ou sélectionner le ClO₂.
- Étape 2 : une protection par résiduel est-elle requise ?
- Oui → sélectionner le ClO₂.
- Non → passer à l'étape 3.
- Étape 3 : les limites de rejet en chlorite/chlorate sont-elles strictes (inférieures à 1,0 mg/L) ?
- Oui → sélectionner l'UV.
- Non → évaluer les arbitrages CAPEX/OPEX.
- Étape 4 : comparer CAPEX et OPEX.
- Si le CAPEX est prioritaire → sélectionner le ClO₂.
- Si l'OPEX est prioritaire → sélectionner l'UV.
Pour les installations au Royaume-Uni, vérifiez que les choix sont conformes aux limites d'effluents industriels au Royaume-Uni pour 2025, qui incluent une réglementation stricte sur les sous-produits de désinfection.
Étude de cas : une usine agro-alimentaire réduit ses coûts de désinfection de 30 % grâce au ClO₂
Une usine agro-alimentaire de 50 m³/h aux Pays-Bas devait faire face à des non-conformités et à un OPEX élevé avec son système UV. Son effluent présentait les caractéristiques suivantes :
- DCO : 400 à 600 mg/L (pics saisonniers jusqu'à 800 mg/L).
- MES : 60 à 100 mg/L.
- Turbidité : 8 à 15 NTU.
- Coliformes fécaux : 10⁴ à 10⁵ UFC/100 mL.
Le système UV, conçu pour 3 à 4 log d'abattement, ne parvenait pas à respecter la limite E. coli inférieure à 1 000 UFC/100 mL de la directive européenne sur les eaux urbaines résiduaires en période de pointe. Des dosages d'urgence de chlore servaient de solution de secours, mais généraient des trihalométhanes (THM) et contrevenaient aux autorisations de rejet. L'OPEX annuel du système UV atteignait 32 000 $, dont 8 000 $ de remplacement de lampes, 12 000 $ d'énergie et 12 000 $ de chlore d'urgence.
La solution a remplacé le système UV par un générateur ClO₂ de 100 g/h couplé au prétraitement FAD existant. Principales améliorations :
- Dosage automatisé de ClO₂ piloté par des capteurs DCO/MES en temps réel.
- Surveillance du résiduel pour maintenir 0,8 mg/L de ClO₂ dans l'effluent.
- Quenching au bisulfite de sodium pour ramener les chlorites à moins de 0,7 mg/L.
Résultats après 12 mois d'exploitation :
- Conformité : 99,9 % d'abattement bactérien (contre 90 % avec l'UV), respect toute l'année des limites de la directive 91/271/CEE.
- Réduction de l'OPEX : 22 000 $/an (0,08 $/m³ contre 0,12 $/m³ avec l'UV), soit 30 % d'économie. Le coût des réactifs ClO₂ a été compensé par la suppression des dosages d'urgence de chlore.
- Arrêts : passés de 12 heures/an (pannes de lampes UV) à 2 heures/an (maintenance du générateur).
- Maîtrise des sous-produits : taux de chlorite stabilisés entre 0,6 et 0,8 mg/L, sous la limite UE de 0,7 mg/L.
Enseignements :
- La maîtrise de la qualité de l'affluent est essentielle à l'efficacité du ClO₂. La FAD a ramené les MES sous 50 mg/L, optimisant la demande en ClO₂.
- La surveillance du résiduel est indispensable à la conformité. Les capteurs automatisés ont évité le surdosage et limité les sous-produits.
- Le CAPEX du ClO₂ était inférieur de 20 % à celui de l'UV, mais les économies d'OPEX ont porté le retour sur investissement.
À qui s'adresse cette étude, qui doit chercher ailleurs, et prochaine étape
Cette comparaison s'adresse aux ingénieurs de station et aux responsables achats dimensionnant la désinfection pour des effluents industriels ou municipaux de plus de 10 m³/h. Si votre site traite des traces de composés pharmaceutiques, des métaux lourds ou des isotopes radioactifs, ajoutez une étape dédiée avant la désinfection. La plupart des stations que nous dimensionnons pour l'agro-alimentaire, les boissons, la pâte à papier ou l'appoint de tours de refroidissement fonctionnent au ClO₂ ou à l'UV sans cette étape supplémentaire.
Transmettez à nos ingénieurs votre profil d'affluent (DCO, MES, turbidité, abattement cible) et votre débit pour obtenir un dimensionnement et un devis.
Demandez un dimensionnement et un devis de système de désinfection.
Questions fréquentes

Quel est l'abattement logarithmique de la désinfection UV pour les eaux usées industrielles ?
La désinfection UV atteint 3 à 4 log d'abattement pour les bactéries (par ex. E. coli, coliformes fécaux) à 40 mJ/cm² de fluence. Les virus exigent une fluence plus élevée (120 mJ/cm²) pour 2 à 4 log d'abattement, tandis que les protozoaires (moins de 1 log) sont largement insensibles. L'efficacité dépend de la turbidité de l'affluent (inférieure à 5 NTU) et des MES (inférieures à 10 mg/L). Le dioxyde de chlore procure 4 à 6 log d'abattement pour les bactéries et 3 à 5 log pour les virus à 1,0 à 2,0 mg/L (EPA UV Disinfection Guidance Manual, 2006).
Quelles sont les limites de turbidité pour la désinfection UV ?
Les systèmes UV exigent une turbidité inférieure à 5 NTU pour des performances optimales, idéalement inférieure à 2 NTU. Une turbidité supérieure à 5 NTU diffuse le rayonnement UV, réduit la fluence de 50 à 70 % et compromet l'abattement logarithmique. Les effluents industriels à turbidité supérieure à 5 NTU doivent être prétraités par flottation à air dissous (FAD/DAF), filtration ou sédimentation pour répondre aux exigences UV (EPA, 2006).
En quoi le dosage de dioxyde de chlore pour les eaux usées diffère-t-il de celui pour l'eau potable ?
Les eaux usées industrielles exigent généralement des doses de ClO₂ plus élevées (1,0 à 3,0 mg/L) que l'eau potable (0,2 à 0,8 mg/L), en raison de charges supérieures en DCO, MES et micro-organismes. Les temps de contact sont plus longs (15 à 60 minutes contre 5 à 15 minutes en eau potable), et les résiduels cibles plus élevés (0,5 à 1,0 mg/L contre 0,1 à 0,3 mg/L). Le dosage doit intégrer la demande liée à la DCO : chaque tranche de 100 mg/L de DCO accroît la demande en ClO₂ de 0,2 à 0,4 mg/L (OMS, 2023).
Quels sous-produits de désinfection se forment dans un effluent industriel traité au ClO₂ ?
Le ClO₂ génère du chlorite (ClO₂⁻) et du chlorate (ClO₃⁻) comme principaux sous-produits. L'EPA américaine réglemente le chlorite à moins de 1,0 mg/L dans l'eau potable, tandis que l'UE limite le chlorite à moins de 0,7 mg/L dans les eaux usées. Les effluents industriels à forte teneur organique peuvent aussi former des traces de THM ou d'acides haloacétiques (AHA), bien que ces composés soient moins courants qu'avec le chlore. Le quenching au bisulfite de sodium peut réduire les chlorites de 50 à 70 % (EPA 815-R-06-011).
La désinfection UV apporte-t-elle un résiduel en traitement des eaux ?
La désinfection UV n'apporte aucun résiduel. Dès que l'eau quitte le réacteur UV, elle redevient sensible à une recontamination dans les réseaux de distribution, les réservoirs ou les applications de réutilisation. Cette limite rend l'UV inadapté aux usages exigeant un résiduel, comme les tours de refroidissement ou les réseaux municipaux. Le dioxyde de chlore maintient un résiduel de 0,5 à 1,0 mg/L pendant 24 à 48 heures (EPA, 2006).